• Collections gallo-romaines

    Les collections gallo-romaines de Coriosolis, fruits de découvertes fortuites et de fouilles archéologiques menées sur le territoire, sont aujourd’hui exposées à travers les salles de l’exposition permanente. Ces vestiges nous offrent d’importantes informations sur le mode de vie des Gallo-Romains. Ils nous permettent ainsi de comprendre leur architecture, leur art et leur religion, mais aussi leur quotidien à travers leurs activités, leur alimentation et leurs toilettes.

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    Collection gallo-romaine du Centre d'Interprétation du Patrimoine Coriosolis. © Fanch Galivel
    • La capitale gallo-romaine des coriosolites

      Au lendemain de la conquête romaine, Corseul est choisie pour devenir la capitale des Coriosolites. Créée ex-nihilo vers -15 av. J-C, elle connaît un important développement jusqu’à accueillir plus de 5 000 habitants sur environ 60 hectares. Construite sur le modèle romain, elle accueille les bâtiments publics et privés propres aux cités gallo-romaines et concentre les activités et les administrations. Mais à partir du IIIe siècle, Corseul subit plusieurs destructions liées aux révoltes et aux incursions barbares et est progressivement délaissée au profit d’Alet. Le nom de la ville gallo-romaine de Corseul nous est encore aujourd’hui inconnu. Associé à l’appellation « Fanum Martis » sur la copie médiévale d’une carte antique, aucune source ne permet pourtant d’affirmer que ce terme fait référence à la ville plutôt qu’au sanctuaire situé à proximité.

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      Table de Peutinger, XIIIe siècle - Image Wikimedia Commons
    • Les gaulois ?

      La première mention des peuples gaulois occupant la Bretagne actuelle nous est donnée par Jules César dans La Guerre des Gaules. La péninsule armoricaine est alors occupée par les Osismes, les Vénètes, les Namnètes, les Riedones et les Coriosolites. Artisans, agriculteurs, pêcheurs et marchands évoluent au sein de sociétés organisées et hiérarchisées. Le territoire des Coriosolites est notamment défini par la présence de monnaies spécifiques, définissant leur aire d’activité économique. Frappées au début du 1er siècle av. J.-C. sur le modèle des monnaies grecques, elles arborent une tête aux cheveux bouclés et un cheval accompagné d’un sanglier ou d’une lyre. Mais c’est à partir de 57 av. J.-C. que débute l’invasion des légions romaines, dirigées par Publius Crassus, ayant pour conséquence l’alliance puis la défaite des peuples armoricains.

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      Maquette de l'atelier de bouilleur de sel de l'âge du Fer, à Saint-Jacut-de-la-Mer. © Fanch Galivel
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      Statère coriosolite. © Fanch Galivel
    • La vie religieuse au sanctuaire des coriosolites

      Le sanctuaire des Coriosolites, dit « Temple de Mars », est situé à 1,7km de la ville en bordure de la voie romaine Rennes (Condate)-Corseul. Aménagé en hauteur, visible depuis la route et la cité, c’est le plus grand sanctuaire gallo-romain du Grand-Ouest de la France. Cet immense complexe religieux s’inscrit dans un rectangle de 108m par 98m. Il se compose de trois grands portiques à colonnes toscanes entourant une cour sacrée de 5 000m², pouvant accueillir plus de 2 000 personnes. L’ensemble est clos par un mur aveugle conférant un aspect fortifié à l’édifice. Important lieu de dévotion et de pèlerinage, le sanctuaire abrite les cultes de l’empereur et des divinités locales. Mais l’entité principale du site est sans doute le dieu Mars, dieu de la guerre et protecteur de la cité. Sa statue siège dans la cella : une immense tour de 22,5m de haut, placée au centre du bâtiment principal.

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      Sanctuaire du Haut-Bécherel, dit "Temple de Mars" à Corseul. © Fanch Gallivel
    • Le quartier commercial : commerces et échanges

      Le quartier commercial de Monterfil, occupé dès la création de la cité vers 15 av. J-C est le cœur économique de Corseul. A l’apogée du quartier située entre la fin du 2ème siècle et le début du 3ème siècle ap. J.-C., de grands bâtiments sont aménagés de part et d’autre de la rue, associant les activités et les marchandises. A Corseul convergent toutes sortes de denrées provenant de la Gaule entière et du reste de l’Empire comme des olives, du vin, des huiles ou des épices. Des productions locales sont également acheminées jusqu’à la capitale par cabotage depuis le littoral (poissons, coquillages, sel) ou par charrette depuis les campagnes (céréales, légumes, fruits). Il faut imaginer ce quartier comme un lieu très animé, rempli des bruits d’animaux de sommes et de boucheries, d’ateliers d’artisans ou de marchands hélant les badauds.

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      Aureus d’Auguste. © Coriosolis
    • Les domus des commerçants

      Le quartier commercial de Monterfil est un lieu d’activité mais également de résidence. Certains commerçants et artisans habitent sur place, à proximité de leurs échoppes et de leurs marchandises. Les plus modestes occupent des appartements dans les étages des bâtiments, au-dessus des boutiques. A l’inverse, les plus aisés préfèrent s’éloigner de l’agitation de la rue et font construire de luxueuses maisons légèrement en retrait. La taille, le confort et la décoration des domus varient en fonction de la richesse de leurs propriétaires. Elles sont équipées de jardins, de portiques à colonnades et d’étages. Certaines sont même équipées d’un système de chauffage par hypocauste, chauffant la pièce principale par le sol et les murs.

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      Bol en sigillée, 80–120 après J.-C. © Fanch Galivel
    • La vie à la romaine

      Après la conquête de la Gaule, le processus de romanisation des territoires vaincus s’enclenche à partir de 27 av J.-C. sous le règne de l’empereur Auguste. Corseul : capitale gallo-romaine accueille les instances administratives et politiques du territoire. Les hautes fonctions sont confiées aux élites de la cité, sensibles à l’adoption et à la diffusion de la culture romaine. Ainsi les bâtiments publics (forum, théâtre, temple) se construisent selon les modèles romains, tout comme les résidences privées (villas et domus). Sans oublier le schéma-même de la ville de Corseul, dont le plan est sans doute l’œuvre de militaires romains. Les Gaulois adoptent progressivement la culture romaine et deviennent des Gallo-Romains. L’alimentation, les activités et les croyances, parties intégrantes de cette romanisation, sont largement diffusées grâce à la mise en place d’un important réseau de voies romaines.

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      Fibule pisciforme, IIe siècle après J.-C. © Fanch Galivel
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      Quartier commercial de Monterfil. © Fanch Galivel
    • La vie quotidienne des commerçants

      Au quartier de Monterfil, les activités marchandes et artisanales occupent les rez-de-chaussée des bâtiments scindés en plusieurs espaces. Les salles à l’arrière sont dédiées à la réalisation ou au stockage des produits tandis que les espaces proches de la rue sont réservés à la vente. Leurs besoins en eau sont satisfaits par les nombreux puits du quartier. Situés dans les bâtiments, les jardins ou encore dans une cour publique, ils sont alimentés par une nappe phréatique peu profonde. Régulièrement les travailleurs de Monterfil se rendent à la "basilique" : le bâtiment le plus important de l’îlot sud. Cet espace est un lieu de cérémonies et de réunions. Les commerçants et les artisans y règlent leurs affaires judiciaires et bancaires. Ils y honorent également les divinités protectrices de leurs professions en leur déposant des offrandes dans de petits vases retrouvés sur le site.

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      Pelle de foyer, période gallo-romaine. © Coriosolis
    • Le forum

      L’espace public le plus important des cités gallo-romaines est sans conteste le forum. Cet important complexe est le cœur économique, politique et social de la cité. Il se compose d’une cour, d’un temple et d’espaces publics (théâtre, basilique). Il abrite également des marchés, des boutiques, mais aussi des structures administratives. C’est également un lieu de rencontres et de discussions. La massivité de son architecture ainsi que sa situation au cœur de la ville témoignent de son importance. A Corseul, la position du forum n’est pas établie avec certitude. Pourtant des fouilles archéologiques menées en 2002 ont révélé la présence d’une structure monumentale située entre le quartier de Monterfil et le site du Clos Mulon. Elle comporte une vaste cour entourée de portiques associés à un petit édifice religieux...

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      Base de colonne toscane, période gallo-romaine. © Fanch Galivel
    • La domus du Clos Mulon

      Construite au 1er siècle apr. J.-C. la domus du Clos Mulon est un vaste bâtiment résidentiel de 600m² édifié à proximité du forum. Au cœur de la maison se développe un vaste jardin avec un puits, bordé par un portique à colonnes. Cet espace de prestige est l’atrium, où le propriétaire des lieux reçoit ses invités et règle ses affaires. Les pièces du rez-de-chaussée abritaient les espaces des activités quotidiennes comme la cuisine, le cellier et la salle à manger : le triclinium, tandis que l’étage était réservé aux chambres : les cubicula. La situation de la domus, ses dimensions et le luxe de son architecture témoignent de la richesse de son propriétaire, occupant probablement des fonctions politiques et administratives.

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      Domus du Clos Mulon, Corseul. © Fanch Galivel
    • La vie quotidienne dans la domus

      Le quotidien des résidents de la domus du Clos Mulon est rythmé par leurs activités professionnelles, domestiques et éducatives, ainsi que par les trois repas journaliers. Ils débutent la journée par un petit déjeuner prit à l’aube, composé de pain, de fromage et de fruits : le jentaculum. En fin de matinée, ils dégustent un menu similaire, s’apparentant à notre déjeuner : le prandium. Enfin, la famille se retrouve au coucher du soleil pour le repas du soir beaucoup plus copieux : la cena. Comme nos repas actuels, la cena comprend trois moments. L’entrée se compose de bouillies, de soupes et de salades. Viennent ensuite les plats de légumes, de viandes ou de poissons, puis les fruits, laitages et pâtisseries.

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      Céramiques, période gallo-romaine. © Fanch Galivel
    • La cuisine dans la domus

      Comme pour nous, les repas et leur préparation rythment les journées des Gallo-
      Romains. Les cuisines (coquina), très bien aménagées, s’organisent autour d’un
      espace de cuisson formé d’une table maçonnée recevant des braises pour faire
      mijoter les plats ou encore confectionner des bouillies.
      Les ustensiles de cuisine sont principalement en terre cuite, les plus riches
      peuvent néanmoins avoir des éléments en bronze et des services en sigillée,
      céramique rouge brillante très appréciée. On peut retrouver dans les cuisines
      gallo-romaines des marmites pour bouillir (olla) posées sur un trépied ou accrochées
      à une crémaillère, des casseroles (sartago) pour faire revenir et pleins d’autres
      petits ustensiles comme des crochets à viandes (l’harpago) ou des louches (trulla),
      la fourchette n’est pas encore utilisée, les repas étant prédécoupés et dégustés
      avec les mains.

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      Maquette d'une cuisine gallo-romaine. © Fanch Galivel
    • Les jeux dans la domus

      Très tôt les jeux s’intègrent dans le quotidien des sociétés antiques. Les Gallo-Romains n’échappent pas à la règle et pratiquent des activités que l’on peut classer en trois catégories : les jeux d’adresse, les jeux de réflexion et les jeux de hasard. Les jeux d’adresse comprennent notamment les noix utilisées comme des billes mais également les osselets, les toupies, les yoyos ou encore les jeux de balles. La seconde catégorie regroupe toutes les activités nécessitant de la logique et de la réflexion comme les jeux de plateau (mérelle, latroncules). Pour finir, les jeux de hasard sont très appréciés mais également décriés pour entraîner des paris d’argents et des rixes. Les jeux de dés (alea) figurent parmi les plus populaires et se retrouvent de la même manière sur les tables des élites, des militaires et des gens du peuple.

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      Dés et pions. © Coriosolis
    • Cosmétiques et soins du corps

      La société gallo-romaine accorde une grande importance à l’hygiène et aux soins du corps, dont les pratiques associées sont directement inspirées du modèle romain. Dans le cadre privé, les Gallo-Romains effectuent leur toilette quotidienne. Ils se lavent le visage et les mains, se brossent les dents et les cheveux. Ils s’épilent, se curent les oreilles et se parfument. La toilette complète s’effectue aux thermes. Ces grands bâtiments publics ou privés se composent d’une succession d’espaces et de bains chauds (caldarium), tièdes (tepiderium) et froids (frigidarium). C’est également un lieu de pratiques sportives, de rencontres et de discussions.

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      Manche de miroir ?, période gallo-romaine. © Coriosolis
    • Villes et campagnes : les villas

      La romanisation des résidences du territoire ne se limite pas aux villes. Progressivement, les campagnes adoptent les types architecturaux latins, adaptés aux milieux et aux activités. Ainsi, naissent les villas. Ces résidences rurales, associées à une exploitation agricole ou minière, présentent une architecture particulière. Quadrangulaire ou en forme de U entourant une cour, les villas comprennent des bâtiments d’habitation (pars urbana), des dépendances agricoles (pars rustica) et des lieux de stockage (pars fructuaria). Nombres d’entre elles bénéficient d’espaces et d’équipements caractéristiques du mode de vie des élites. Décorations, systèmes de chauffage par hypocauste et thermes privés composent ces luxueuses résidences dont certaines sont même édifiées en bord de mer (villa maritima). Cette typologie maritime d’édifices est une résidence de villégiature présente dans les endroits les plus suggestifs des littoraux.

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      Tegula mammata, tubulus, bobine d’espacement des thermes d'époque gallo-romaine, Villa Sables d’Or, Fréhel. © Fanch Galivel
  • Collections médiévales

    Coriosolis conserve et valorise également des objets médiévaux issus d’un site majeur du département des Côtes d’Armor : le château du Guildo à Créhen, fouillé pendant vingt ans de 1994 à 2013 par l’Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap). Les équipements militaires, les céramiques, les jeux et bien d’autres objets révèlent le climat social, politique et artistique qui régnait au château de Gilles de Bretagne et de Françoise de Dinan.

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    Château du Guildo à Créhen, propriété du Conseil départemental des Côtes d'Armor. © Fanch Galivel

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